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Trois questions à Baro Mohamed président du Parti de l’Unité et du Développement, membre de la CMP : "La question du 3ème mandat a fortement pollué l’atmosphère alors même qu’elle ne figurait pas à l’ordre du jour du dialogue"

Posté par: Hamady diop| Dimanche 30 octobre, 2016 08:10  | Consulté 248 fois  |  0 Réactions  |   
   Trois questions à Baro Mohamed président du Parti de l’Unité et du Développement, membre de la CMP : Le Calame - Le dialogue national inclusif a pris fin jeudi soir. Quelles appréciations portez-vous sur les débats et l’accord qui vient d’être paraphé par les participants ? 

Baro Mohamed : Je tiens, tout d’abord, à remercier tous ceux qui ont pris part à ces assises, contribué à leur plein succès, notamment au président de la République Mohamed Ould Abdel Aziz qui a permis et favorisé la tenue de ce grand conclave du donner et du recevoir.

Le dialogue, qui vient de se terminer au Palais des congrès a démontré, à la face du Monde, que les Mauritaniens sont capables de dépassement, disposent d’une maturité politique, pour trouver, ensemble, des solutions à leurs problèmes. Des problèmes liés à l’éducation, à la santé, à l’emploi des jeunes, à l’avenir de ce pays, au renforcement et à l’ancrage de la démocratie, à l’unité nationale, à la lutte contre la pauvreté, à la bonne gouvernance économique…

On est sorti de ce grand conclave avec des recommandations importantes, consignées dans un document important. Il appartiendra, désormais, à la commission de suivi et d’orientation de les traduire dans les faits, à travers des textes de lois, pour le bien-être de l’ensemble du peuple mauritaniens. Pour, non seulement, ceux qui ont pris part à ce conclave mais, aussi, pour ceux qui, pour des raisons qui leur sont propres et que nous respectons, ont choisi le boycott.

Les débats ont, certes, été houleux, notamment dans l’atelier III, celui des réformes constitutionnelles. Les uns et les autres sont intervenus, pour défendre, chacun, sa position. 

Et, à l’arrivée, tous se sont mis d’accord autour de l’essentiel, à savoir ce qui fait avancer leur pays. Nous sortons, donc, de ce dialogue, avec le sentiment du devoir accompli, avec l’espoir de voir émerger une Mauritanie nouvelle, unie, égalitaire et prospère, pour, bien entendu, tous ses citoyens. Nous avons les moyens d’y parvenir, il suffit d’y croire.

- La question du troisième mandat a fortement cristallisé les débats. Comprenez-vous pourquoi s’est-elle invitée aux discussions ? Pensez-vous, comme le Président l’a dit dans son discours de clôture, que cette question est désormais dépassée ?

- Effectivement, cette question a fortement pollué l’atmosphère, surtout de l’atelier consacré aux réformes constitutionnelles, alors même qu’elle ne figurait pas à l’ordre du jour. L’atelier en fut même dénommé « Point chaud », tellement les débats y furent passionnés.

Mais c’était de bonne guerre et l’occasion belle, pour certains, de vider tout ce qu’ils avaient sur le cœur ; pour d’autres, de lancer des ballons d’essai, je crois. Dans un débat ouvert, tout y passe. Les divergences étaient énormes, vous l’avez noté, aussi cette question avancée par les membres de la majorité fut-elle, comme d’autres d’ailleurs, tout bonnement écartée.

Il fallait une clarification qui a été justement faite par le président de la République. Vous avez entendu, comme tous les Mauritaniens, ce qu’il a dit. Il n’a jamais été question, pour lui, d’envisager, un seul instant, un troisième mandat que notre loi fondamentale interdit. 

D’ailleurs, ceux qui ont voulu introduire cette question, dans les thématiques, ont oublié ou feint d’oublier que le président de la République avait répété, à plusieurs reprises, qu’il respecte la Constitution. Et, en ce moment solennel, il a tranché. 

C’est une décision courageuse, une décision de nature à renforcer et ancrer, davantage, notre démocratie. Elle consacre, je crois, le souci du président de la République de préparer, à notre pays, une alternance pacifique et tranquille. Il souhaite laisser, après lui, une Mauritanie apaisée qui puisse se consacrer, exclusivement, à son développement. 

Que ceux s’en inquiétaient se rassurent et se préparent pour 2019. A mon avis, la Constitution est au-dessus de tous, elle régit nos rapports et le fonctionnement de nos institutions, on ne doit y toucher que si cela conditionne la bonne marche du pays, quand cela impacte positivement dans la vie des citoyens. 

- Le dialogue qui vient de s’achever a été boycotté par une partie de l’opposition démocratique. Des élections municipales et anticipées sont prévues. Ne faudrait-il pas, à votre avis, que le gouvernement maintienne la main tendue envers ceux qui n’ont pas pris part aux débats, pour éviter un autre boycott entachant quelque peu notre démocratie ?

- Vous savez, la démocratie mauritanienne est encore jeune, elle a démarré en 1991, après le fameux discours de la Baule. Elle est donc perfectible. Je crois que le dialogue qui vient de s’achever participe justement de cette œuvre. Nous sommes à la recherche des meilleures voies pour y parvenir et, parmi les règles qu’il faut établir et respecter, figurent, en bonne place, le respect et la confiance mutuelle, entre le pouvoir qui gouverne et son opposition qui s’oppose mais pas seulement pour s’opposer mais pour aider à améliorer le fonctionnement des institutions de la République. 

S’accepter d’abord, se respecter mutuellement ; se parler ensuite. Débattre des questions qui peuvent même fâcher, c’est la règle de la démocratie. Chacun doit jouer sa partition, sans empiéter sur le champ de l’autre. 

Nous en sommes au début, en Mauritanie où nous entretenons encore, hélas, un positionnement binaire : être pour ou contre, on se refuse jusqu’à reconnaître les bonnes actions du gouvernement ou de l’opposition. C’est dire, en fait, qu’on ne se bat pas, le plus souvent, pour faire triompher des idées mais pour du dilatoire, du futile…

Quant aux résolutions du dialogue, je pense qu’elles engagent tous les Mauritaniens, sans exclusive, ceux qui y sont allés et ceux qui l’ont boycotté. Nous espérons que ces derniers pourront rejoindre, comme on le dit, le train en marche, apporter leurs contributions, parce que les résolutions sont perfectibles et d’autant plus que ce qu’ils redoutaient tant – le troisième mandat – n’est pas retenu. Plus il y a d’hommes et d’idées, mieux c’est.

Je pense que l’opposition qui a boycotté a donc intérêt à rejoindre le dialogue, en faire siennes les résolutions et travailler, pourquoi pas, à les améliorer, se battre pour d’autres avancées, d’autres garanties, dans le but de faire progresser notre démocratie qui ne s’en portera que mieux. L’Histoire le retiendra.

Le président de la République a laissé la porte ouverte. Il a réitéré qu’il tend la main à l’opposition, en lui laissant suffisamment de temps pour se joindre au dialogue. Cela dit, de mon point de vue, le boycott n’a jamais été une bonne option ; elle est même infructueuse.

Tenez, si, en 1992, l’opposition n’avait pas choisi la politique de la chaise vide, la démocratie mauritanienne aurait franchi des pas de géant. La démocratie est un combat perpétuel, une confrontation d’idées pour conquérir, chaque fois, plus d’espace et de place dans son organisation, à chaque consultation populaire. On ne peut y parvenir en restant hors des institutions de représentativité.

Propos recueillis par Dalay Lam 


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 Source : Le Calame (Mauritanie)Commentaires : 2Lus : 706 Publié par à 14:18 Liens vers cet article 
 L'auteur  hamady diop
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hamady diop
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